Une colonie de cafards contrôlée par des robots...

Ca pourrait resembler au scénario d'un mauvais film de science fiction: la planète envahie par des robots intelligents qui contrôleraient notre volonté... C'est ce que se sont amusé à faire une bande de scientifiques avec le projet LEURRE. A leur tête, Jean-Louis Deneubourg de l'Université Libre de Bruxelles, entouré de plusieurs équipes françaises (Toulouse, Rennes), pour le comportement, et suisse (Lausanne) pour la fabrication du robot.


Il a d'abord fallu réaliser de nombreuses statistiques sur le comportement des cancrelats: comment communiquent-ils? Quels sont leurs déplacements? Comment réagissent-ils face à un congénère? Tout cela a ensuite été mis sur ordinateur afin de simuler leur comportement.

Après vient une étape délicate: récupérer les phéromones des cafards, qui leur permettent de s'identifier et de communiquer. Pour cela, ils ont été plongés dans des bains de solvants afin de récupérer goutte à goutte les précieuses molécules.

Dernière étape, la fabrication du robot. Il ne ressemble pas vraiment à un cafard, tout carré qu'il est. Il ressemble plutôt à une petite boîte d'allumette. Il a été doté de capteurs à infrarouge et d'un esnseur de lumière pour repérer obstacles, congénères et zones d'ombre où se reposer. Leur programme informatique interne leur permet de piloter les pattes motrices dont ils sont munis afin de mimer les déplacements des blattes. Enfin, ils sont recouverts d'une coque en papier imbibée de phéromones commandant l'agrégation du groupe. Et mission accomplie: les InsBot (pour insecte-robot) ont été parfaitement intégrés à la colonie de cafards.



Les cafards sont des insectes ayant un comportement "pré-social". Ils vivent en groupe, se déplacent en groupe mais en gros pour le reste c'est chacun pour soi (pas comme les abeilles ou fourmis qui ont une vraie organisation).



Si on place une colonie de cafards dans un environnement clos et fortement éclairé au centre duquel se trouve deux abris, l'un étant plus opaque que l'autre, les insectes se regroupent sous l'abris le plus opaque dans 75% des cas. Bien sûr, tous vont sous le même abri. Si c'est l'autre abri qui est choisit, tous se retrouvent sous cet abri. La question qui se pose est la suivante: les cafards suivent-ils un leader ou choisissent-ils simplement le refuge où se trouvent le maximum de leurs congénères? Les scientifiques optent plutôt pour la seconde option.



Plaçons maintenant quelques mini-robots au sein de la colonie (12 cafards vivants et 4 robots). Les résultats ne changent pas. Jusqu'à ce que l'on modifie le programme des InsBot qui préfèrent alors le refuge laissant passer plus de lumière. On observe alors, dans 60% des cas, que la colonie se regroupe sous cet abri.



Habile expérience. Le but "pratique" serait d'utiliser des robots pour guider les troupeaux (moutons, vaches...) et ainsi remplacer les chiens. Ou d'utiliser ces robots pour étudier le comportement de certaines espèces difficiles à observer (difficiles à approcher, ne réagissant pas de la même façon en présence de l'homme...)

Belle réussite scientifique. Jusqu'où va-t-on aller?

9 lecteurs et huit pattes velues:

Marc a dit…

Et moi qui m'étais imaginé après l'article du Monde que les robots avaient la forme de cafards ! Ce qui est drôle c'est que malgré l'énorme différence esthétique, il faut quand même faire un peu semblant et mimer la démarche des vraies bêtes. Ils m'étonneront toujours ces cafards.
A quand les expériences sur les humains avec des robots à la démarche sarkozienne ?

Ptit Zombie a dit…

Et non les robots n'ont pas la forme des cafards! Merci pour l'article, j'ai un peu cherché de mon coté pour avoir d'autres infos et des photos. Je me demande comment les cafards prennent ces boites pour des congénères mais bon on a jamais dit que les cafards étaient intelligents...
Il faut savoir que les robots ont un programme informatique à l'intérieur mais qu'une fois l'expérience commencée, les scientifiques ne contrôlent plus rien, il doit réagir tout seul comme un vrai, ce ne sont donc pas des petites boites télécommandées...

A vouloir tout contrôler, j'espère que l'homme n'ira pas trop loin...

paradox a dit…

Le pire, scénario bien connu de la SF, c'est quand les robots fabriqueront eux-mêmes les autres robots, sans que l'homme ne serve plus...

Ce qui est important, dans cette expérience, c'est que les robots soient capables de s'adapter seuls à leurs "congénères" : les cafards ne se rendent pas compte que les robots ne leur ressemblent pas, mais les robots non plus...le jour où ces derniers le sauront...

D'ailleurs, comment pourraient-ils le faire ? Ils pourraient, par exemple, pour se reconnaitre, se poser une question, d'une manière ou d'une autre (émission chimique, signal électromagnétique, couleur...), et attendre une réponse (ami, ennemi, cousin...): un début de conscience quoi; mais je m'égare !

Ptit Zombie a dit…

Début de conscience chez les robots? A mon avis on en est pas encore là... Si on doit avoir peur de qqun, c'est de l'homme s'il commence à commander des troupeaux de moutons avec un robots pourquoi pas les hommes?

raf a dit…

N'empêche qu'un petit robot qui fait sortir tous les cafards de chez toi en un temps record, ça peut être intéressant...

un bien bel article ! bravo p'tit zombie !

Ptit Zombie a dit…

J'vois d'ici le tableau, les cafards qui se serrent en rangs derrière un petit robot, tout le monde sort par la porte et hop! direction la bouche d'égout la plus proche ^^

paradox a dit…

Et pourquoi pas vers une guillotine automatique ?

Ptit Zombie a dit…

j'aime bcp l'idée ^^

Nebetbastet a dit…

Ces robots ne pourraient pas être utilisés pour éliminer les cafards d'une habitation totalement infestée ?